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Mon amour est mort, le jardin est silencieux.

Par Marie-Josée Barre l Tableau de Nathalie CADET

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J’ai renversé mes dernières larmes
Sur les draps fleuris délavés de toi,
Ma pluie a mouillé un jardin parme
Et des violettes qui n’existent pas.
Je n’ai toujours pas compris, pas compris
Pourquoi ma pluie n’est pas à l’unisson,
Le temps de pleurs gris coulés sur le lit,
Avec les couleurs d’un dehors bleu frisson.

Tu es parti respirer ailleurs
Dans cet hôpital pique-fleurs.
Moi, je reste dans le silence
Attendant la terrible sentence.

J’ai ramassé une triste corolle clochette
Posée sur notre couche où tu existais
Comme fleurette morte entrée par la fenêtre,
Ultime message de toi qui t’en allais ?
Je n’ai toujours pas compris, pas compris
Pourquoi mes amaryllis deviennent marron
Le temps d’un confinement en pot-pourri
Alors que dehors elles sont rouge-passion.

Tu ne respires plus ailleurs
À l’hôpital des douleurs,
Et moi je reste dans le silence
Le silence, le silence, le silence…
Le jardin du souvenir m’est interdit,
Mon amour, je survivrai avec ton fruit.

Poème en temps d’exil grillagé – Avril 2020