INDIGO, La Revue Intemporelle de l’INDIANOCEANIE

Il y a cinq mille ans, l’écriture a permis à l’humanité de faire de nouveaux bonds, de nouvelles avancées, et on est arrivé jusqu’à il y a quatre siècles avec l’évolution « technologique » de l’humanité. Bien sûr, il y avait eu déjà l’invention de la roue, qui a permis pas mal de choses, et l’invention des machines simples. Il est étonnant que la pince-étau, qui aurait pu être inventée à l’époque des Grecs, des Romains ou de la Chine ancienne, n’a finalement été inventée que dans les années 1950.
Les roulements à billes aussi sont une invention relativement récente. On a encore des choses à inventer et à découvrir. Il y a eu avec la technologie une explosion réelle du savoir-faire, et de l’économie.

D’ailleurs, qu’est-ce que l’économie ? On prend des ressources premières, on les transporte, on les transforme, on les utilise, et quand on a un comportement honnête et raisonnable, une fois qu’on les a utilisées, on les transporte à nouveau et on les retransforme pour les retourner à l’état de ce qu’on appelle des matières premières. Tout le monde n’en est pas encore là, mais cela fait partie des évolutions en cours.

Où est-ce que cette évolution technologique s’est produite ? Ça s’est passé en Europe, depuis quatre siècles, mais j’ai maintenant conscience que cela aurait pu être n’importe où.
La cour de la reine du Bénin, il y a quatre siècles, au centre de l’Afrique, n’avait rien à envier à l’entourage des rois européens, ça aurait aussi pu se passer en Chine, ça aurait pu être chez les Aztèques, chez les Aborigènes en Australie, ou à Madagascar, et pendant quatre siècles, le monde aurait été conquis et dominé par les différentes ethnies malgaches qui auraient été les maîtres du monde, comme l’ont été les Américains dans la deuxième moitié du 20ème siècle.

Guy PIGNOLET